----. Le Montreux Jazz Festival peut engendrer de mauvais souvenirs… Personnellement, j’ai vécu une cruelle soirée en 1977 (soixante-dix-sept). Pour la modique somme de 144 francs suisses (pour mon épouse et moi) nous avons assisté à une catastrophique prestation de Ray Charles. Le «Genius» arrive sur scène complètement bourré : il a paraît-il apprécié le blanc du Lavaux et en a abusé. Résultat : à part une vague évocation de «Georgia», Ray dodeline à son piano de vagues thèmes inconnus, appuie son jeu pâteux sur la présence du trompettiste Dizzie Gillespie, certainement aussi ivre, et s’en va après une trentaine de minutes. Certainement pour continuer à étancher sa soif de pinard swissmade. Claude Nobs s’est excusé mais n’a rien remboursé !
----. BEATLES ou ROLLING STONES ?? A Londres, comme à Paris avec les «Chaussettes» et les «Chats», la jeunesse militait pour un camp ou pour l’autre. En ce qui me concerne, je ne suis pas tombé dans le piège. Réponse : LES DEUX ! Et j’ai ajouté, au Royaume Uni, quelques unités orchestrales qui m’ont séduit : les KINKS, créateurs d’un riff imparable, les HOLLIES, sorte de Beatles Number two, les SEARCHERS, les WHO, quoique je n’appréciais pas trop cette manie de détruire sur scène du matériel hors de prix dans nos magasins de musique suisse. Mais les Londoniens posèrent les premières pierres du hard rock. N’oublions pas Manfred Mann, les Troggs, Herman’s Hermit, Tremoloes, Dave Clark Five, Pacemaker’s et j’en passe…
----. 10 juillet 2026. Je me rends dans l’un des derniers commerces lausannois vendant des disques pour acquérir «Foreign Tongues», le 25ème album des Rolling Stones. Ce geste me rappelle l’époque de mes 20 piges et l’achat du récent 45 tours des Londoniens. La majorité, la liberté et la peur de partir prochainement … à l’armée ! Un ami rocker venait de me signaler que la bande à Mick Jagger avait enregistré «(I can’t get no) Satisfaction». J’applaudissais à cette géniale chanson et surtout à l’apparition d’un son confirmé la distorsion.
Musicalement, avec mes potes (ex)Aiglons, nous hantions les scènes du coin, voyageant des bases de l’armée US en Allemagne aux clubs huppés du sud de l’Italie en interprétant (en plus de «Stalactite» ou «Panorama») plusieurs titres des Stones. Avec Pavlo Pendakis, un chanteur de Pully, grec et improbable, mais qui parlait couramment l’anglais. Sa voix oscillait entre Jagger et Dylan mais assurait avec élégance la guitare rythmique. Léon Francioli était au solo et faisait office de chef d’orchestre. Michel Klaus, Gérald Bastian et puis André Jungo se sont succédés à la basse et Sylvain Bazan s’agitait avec finesse aux claviers. Jouer du Rolling Stones, c’est comme faire du vélo: çà ne s’oublie jamais! Nous copiâmes donc avec talent plusieurs rengaines dont voici la set-list:
« The Last Time »,
« Of the Hook »,
« Get of my Cloud »
«You Better move on» (ma préférée),
« Around and Around »,
« Time on my Side »,
“Not Fade Away”,
“Tell me. You’re coming back”
“Carol”,
“Route 66”,
“Walking the Dog”,
“It’s all over now”.
“19th Nervous Breakdown” était en projet lorsque le groupe explosa…
Selon des informations vérifiées par “Radio-Tour”, Keith Richards n’aurait pas été tout de suite séduit par le premier enregistrement de «Satisfaction». Il aurait fallu attendre une dizaine de jours, au-delà de ce 12 mai 1965, pour que, au terme de bidouillages mystérieux et d’un vote démocratique au sein de l’entourage des Stones… la chanson soie admise comme un futur succès de single 45 tours. Aux dernières nouvelles, Keith et Mick aurait préféré enterrer cette chanson en face B ou la cacher dans un album. Ouf !