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Souvenir d'aventures avec un grand frère... chapitre quarante-deux

Dans quatre ans, il sera centenaire. Il a donc aujourd’hui 96 ans. Né le 18 août 1929 (la même année que Jacques Brel) dans l’actuel département de Haute-Seine, Hugues Auffray (son vrai nom ne comporte qu’un seul «f»!) est un auteur-compositeur-interprète qui effectue toujours des tournées mais que la jeunesse de 2025… ne connaît pratiquement pas (sic). Souvent poétiques, ses chansons évoquent notamment les voyages, l'amitié, la fraternité. Il est aussi connu pour ses reprises en français des chansons de Bob Dylan qu'il a connu lors de son séjour à New York. Il a enregistré 39 albums (dont 31 en studio) et 75 singles en plus de 65 ans de carrière. Parmi ses titres les plus célèbres, on compte «Santiano», «Stewball», «Céline», «Le P’tit âne gris», «Hasta Luego» ou «Adieu Monsieur le professeur». A partir de mars 2023, avec le décès de Marcel Amont, il devient l'artiste masculin en activité le plus âgé de la chanson française. Il avait une sœur, Pascale Audret (1935-2000), connue comme actrice et qui fut une concurrente au mythe «Brigitte Bardot», alors que son frangin grimpait dans les hit-parades de France. Timide lausannois en tournée des plages normandes avec les «Aiglons», j’ai eu le privilège de côtoyer Hugues, en «collègue» durant deux mois de l’été 1963. Donc…
Ci-dessous: un texte (partiellement modifié !) tiré de mon livre «Diabolo Rock», paru aux éditions Slatkine en mai 2008, pages 120/121…

----. Comme un grand frère. Les rockers avaient Bill Haley, Elvis et quelques Johnny. Les yéyés se sont contentés de Clo-Clo, Gainsbourg, Sylvie ou Sheila. Les autres découvrirent Hugues Auffray. En réalisant son 5ème single, en 1962 chez Barclay, la trentaine bien entamée, il entra sans trop le vouloir dans le monde juvénile des idoles sixties avec «Je reviens». Afin de se mettre au goût du jour, il s’entoura d’un groupe de musiciens anglo-saxons qui pratiquaient le skiffle, une sorte country à la mode british. Avec eux, il enregistra «Santiano», un véritable hymne à la gloire des marins et autres boucaniers anciens et modernes. Mais Hugues resta proche du rock avec sa version d’un succès de Chuck Berry, «You never can tell», qu’il traduisit avec adresse et finesse en «Prend la vie comme telle»…
Pour s’adapter à la rigueur du «Top 50», il n’hésita pas à nous faire connaître Bob Dylan, qu’il rencontra en 1961 à New York, et dont il pratiqua quelques traductions célèbres comme «M. l’Homme orchestre» («Tambourine Man») ou «Ecoute dans le vent» («Blowin the Wind»). Après des débuts au cours desquels il interpréta Boris Vian, Félix Leclerc, Serge Gainsbourg ou Léo Ferré, il remporta (pour le Luxembourg !) la 4ème place du Concours Eurovision 1964, avec «Dès que le printemps revient».
Il partit en tournée avec des gamins beaucoup plus jeunes que lui, leur prodiguant de très bons conseils, sans pour autant se prendre pour un «parrain», ni pour un donneur de leçons démodé. Et si Coluche se gaussa de son allure de scout (où il n’a jamais été !) grattant sa guitare près d’un feu de camp, pour le musicien-novice que j’étais, il fut plutôt un «feu de cœur»… Je garde de deux mois de tournées en Normandie avec Hugues un souvenir vivant. Il m’a notamment appris à connaître les poissons de mer, et surtout comment les cuisiner, les découper et à ouvrir les coquillages sans se blesser ! De cet apprentissage gustatif, j’ai gardé une préférence pour les huîtres, les moules (marinières) et les amandes de mer…
Pour revenir à la musique, avec ses potes du Skiffle Groupe, Hugues parvint à séduire le jeune public francophone, au point de se hisser au même étage de vedettariat de Monsieur Hallyday ou des Mesdemoiselles Sheila, Françoise Hardy ou Sylvie Vartan.
Hissez Haut! Santiano…

----. Coup d’Etat dans mon salon. Je fais des infidélités à Tante Youyou ! La raison ? Une excellente émission sur la «4» (Culture Box) consacrée aux Rolling Stones. En image et en sons, on découvre les dessous remplis de magie d’un album que les Londoniens ont enregistrés il y a une quinzaine d’années, à l’occasion de «Tripped», une tournée réalisée dans de petites salles. Adieu les décors pharaoniques, les feux d’artifice, les espaces mégalos où Mick réalisait des marathons. Ouf !
A l’image du début de l’aventure du «plus grand groupe de rock du monde», revenu à une taille… humaine. Entre l’Olympia de Paris où les Stones jouèrent leur premier concert en France le 20 octobre 1964 (300 fauteuils cassés et 40 arrestations), le Théâtre de Brixton à Londres, le Paradiso Club d’Amsterdam, Tokyo ou Lisbonne, Mick Jagger (chant/guitare), Keith Richards + Ronnie Wood (guitares), Charlie Watts (batterie), Darryl Jones (basse), Chuck Levell (piano/orgue), les cuivres emmenés par Bobby Keys (saxo) et les choristes par Bernard Fowler, se croisent sur des scènes sympas et apprécient leur travail. A l’heure de l’interview, Mick et Keith affirmeront: «Nous vivons ces instants comme les meilleurs de notre vie!» Et çà se voit sur scène. Meilleure portion (avis personnel) du concert : le moment où tout le monde s’arc-boute sur une chanson mythique de Bob Dylan… «Like a Rolling Stone ». Avec deux magnifiques solis de guitares de Ronnie et Keith…
A consommer sans modération.

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