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Nuit de cauchemar au Boulevard des Allongés chapitre 44

----. Il est bien joli de glorifier les souvenirs musicaux des années soixante et suivantes. Mais il est impossible d’éviter les regrets provoqués par la mort forcément prématurés, de certaines vedettes. Commençons par celle qui garnissaient notre entourage… Dans les années soixante.
En tête de liste : Dany Logan. Chanteur des Pirates, troisième groupe français à se mêler au chahut des hit-parades après les Chaussettes et les Chats, Daniel Deshayes voulut lui aussi tenter la carrière solo. Sans doute grisé par le succès rencontré avec ses copains Pirates, il ne parvint jamais à s’imposer. On ne va pas chercher à expliquer les raisons de cet échec, mais rappeler que le gentil Dany sut garder de nombreux amis. Atteint trop vite dans sa santé, il lutta avec un cœur fragilisé par les excès. C’était paraît-il un grand consommateur de vin blanc. Il mourut d’une crise cardiaque le 8 juin 1984 dans un hôpital parisien, juste après son second mariage au cours duquel tous ses copains du Golf Drouot étaient présents. Il avait 42 ans, comme son idole Elvis Presley.

Autre figure marquante produite par le « Golf », Billy Bridge a aussi posé son empreinte sur l’histoire du rock made in France. En particulier en faisant la promo du «Madison», une danse qui remplaça le twist dans le cœur (et les jambes) des teenagers. Natif de Cherbourg, Billy monta à Paris, devint vedette mais supporta lui aussi mal la pression du showbizz. Avec son groupe des «Mustangs», il grimpa très haut mais retomba très vite car ne fut pas assez professionnel face à l’arrivée des groupes anglo-américains. Pour ne rien arranger, Il fut rattrapé par la conscription et se tapa 18 mois chez «Monsieur Caserne» (comme disait Eddy Mitchell). Démobilisé et un brin démoralisé, Billy Bridge tente un retour sur scène sous le nom de Black Swan mais l’expérience n’alla pas très loin. Redevenu Billy Bridge, il dut se contenter d’apparitions grotesques dans les boites de nuit où il chantait en play-back. Son cœur ne supporta pas longtemps cette vie d’errance entre la scène et le bar. Billy fut terrassé en pleine rue, peu avant son 50ème anniversaire.

A ces disparitions précoces, il convient d’ajouter celle d’Aldo Martinez, à 55 ans. Le bassiste des Chaussettes Noires était devenu directeur artistique de plusieurs vedettes (notamment Eddy Mitchell) et fut surtout un manager efficace pour Coluche, en particulier dans la création des «Restos du Cœur». Dont il fut du coup un des premiers «Enfoirés»…. Le sympathique Aldo fut suivi dans la tombe par deux un autres bassistes devenus célèbre au Golf Drouot, le premier, Gérard Jacquemus (1974) avec les Chats Sauvages et le second, Dany Maranne, avec les Fantômes, un groupe instrumental parisien, copie conforme des Shadows. Fils d’un ancien député, Dany fut tué de sept balles dans la tête en juin 1988 devant son domicile de Alfortville. Son ou ses assassins n’ont jamais été retrouvés !
Daniel Bevilaqua était-il un rocker ? Le réponse est OUI. Et un vrai. Sous le pseudonyme de Christophe, il a émergé de la bande du Golf Drouot avec une envie réelle de faire une carrière de rocker. Mais sans doute parce qu’il avait davantage de talent que cela, il a débarqué dans le monde du showbizz avec «Aline», un slow qui fut un immense succès, vendu à un million d’exemplaires à sa sortie (1965) et un autre million de copies dix ans plus tard lors de sa seconde publication. Entretemps, Christophe avait réalisé une très grande carrière de chanteur de charme, tout en gardant une véritable âme de rocker.
Cela dit, la liste de disparus sur l’autel du rock’n’roll est longue…

En France: Richard Anthony, Franck Alamo, Vince Taylor, Claude Piron, Jean-Philippe Smet, Hervé Forneri, Ken Lean, Alain Bashung.
En dehors de l’Hexagone : Buddy Holly, Eddie Cochran, Ritchie Valens, Big Booper, Elvis Presley, 2 Beatles, 2 Stones, 2 «Quo», Tom Petty, Roy Orbison, Stevie Ray Vaughn, John Bonham (Led Zep), Keith Moon (Who), Otis Redding, Michael Jackson, Bon Scott et Malcolm Young (AC/DC).
Et n’oublions les Suisses Larry Greco et «Bernie» Constantin. Et quelques potes morts trop jeunes et (presque) guitare à la main : Francis Richoz («Lucifer»), Jean-Claude Tschannen (Mousquetaires), Jean-Pierre Sandoz (Volcans), « Lulu » Dardel, «Boubou» Monnet (Clint Valens), Oreste «Cookie» Cristuib, Léon Francioli (les Aiglons), Pierre-Alain Noirjean, Jean-Jacque Morattel, Jean-Claude Magnenat, Bernard Blanc (Loups Blancs), Philippe Noirjean, P.-A. Vincent…
J’en oublie certainement. Et ce n’est forcément pas fini…

-----. D’accord… cela se passe dans la décennie suivante mais çà concerne un groupe britannique toujours en activité : Iron Maiden. Grâce à Tata Youyou, une vidéo de Bruce Dickinson et ses potes me fait frémir de plaisir. Devant 40 ou 50 mille spectateurs réunis dans un stade, le chanteur entonne un des tubes du groupe : « Fear of the the Dark ». Et 40 à 50 000 voix lui réponde sur le refrain… A propos de peur dans le noir…

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