Par chrischlatter
----.21 février 2025. Dans un moment de colère, j’avais publié une chronique qui nous ramenait à la Genèse du rock en zone francophone. Suisse comprise. En guise de retour, il me semblait que le propos n’avait pas intéressé grand monde, en tout cas pas déclenché de légitimes courroux… J’ai donc décidé de remettre le texte (légèrement modifié) en circulation. A vous de juger… et de réagir. FEU LIBRE !
Quelques «historiens» du rock français snobent et oublient les sixties… Lors d’une longue fin de soirée sur «France 3»: le journaliste Philippe Manœuvre (ex-réd’chef de Rock & Folk), chaussé de ses éternelles lunettes noires, présente trois films réunis sous un label «Histoire du rock en France». Intéressant mais très décevant!
En effet, ces professeurs à la mie de pain (comme dirait Haddock) affirment sans rougir que le rock, dans l’Hexagone, est né dans les années 70 (soixante-dix comme ils disent). On entend même Richard Kolinka affirmer: «Avant nous, en France, il n’y avait que Charles Trenet et Claude François». On croit rêver…
L’ex-membre de Téléphone, oublie tout de même que le rock en France naquit à la fin des années 50 et explosa à l’orée des sixties, avec Danyel Gérard, Claude Piron et le timide Jean-Philippe Smet. Les premiers groupes de rock réunirent Eddy Mitchell et les Chaussettes Noires, Dick Rivers et les Chats Sauvages (des Niçois!), Long Chris et les Daltons, Dany Logan et les Pirates, Vince Taylor et les Play-Boys, El Toro et les Cyclones d’un certain Dutronc. Ces jeunes loups vendirent des millions de singles 45 tours et firent trembler les juke-box où il n’y avait pas que Dalida, Sacha Distel ou les Compagnons de la Chanson… Et beaucoup d’autres qui ne manquèrent pas d’exister dans toute la Francophonie (Suisse romande comprise), en prêchant la musique rockeuse de villes en villes. Certains accompagnèrent même parfois des pionniers américains comme Gene Vincent, Chuck Berry ou Bill Haley. Le succès des groupes sixties fut tel que les jeunes Helvètes prirent le train en marche, avec le Genevois Larry Greco et ses Mousquetaires, les Lausannois des Aiglons et des Faux-Frères et les Zurichois des Sauterelles. Pour ne citer que les plus connus.
Ignorer les pionniers des sixties, c’est un peu comme si l’Histoire de France, la vraie, commençait à Hugues Capet, en oubliant Clovis, Dagobert ou Charlemagne…
Pour une fois, Philippe, tu n’as pas très bien manœuvré…
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