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Quelques secrets révélés au coin d'une insomnie chapitre 62

----. Tata Youyou conçoit des cadeaux: elle a débusqué les Rolling Stones, filmés deux fois par la BBC en 1964 sur deux scènes d’Angleterre. Le groupe londonien, récemment promu rockstar, interprète «It’s all over now», un de ses tubes d’avant «Satisfaction», mais aussi «I wanna be your man», une chanson écrite par… les Beatles !. Dans le premier passage, on découvre un bondissant Mick Jagger, muni de deux «maracasses», Keith Richards, se déhanche sur une Gibson demi-caisse, Brian Jones traverse son harmonica, Bill Wyman fantomatique en arrière-plan et Charlie Watts, martèle ses tambours comme un major sans âme. Les Stones sont déchaînés. Dans le deuxième extrait, Brian exécute de solo de guitare devenu mythique alors que Keith gratte un rythme infernal. Le groupe est désormais magique et entre dans la légende. Malgré quelques amplis mal réglés et une sono nasillarde (on n’entend pas grand-chose en raison des hurlées du juvénile public féminin), le document est fascinant. L’histoire du rock est en marche, véhiculée par un orchestre qui voulait ne faire que du blues…

----. C’est fou ce que la disparition d’un artiste rock peut engendrer de vocations. Depuis qu’il a mis un terme à une carrière de … 60 ans, le groupe londonien Status Quo n’en finit pas de faire des émules, en Suisse, France, Pays-Bas, Allemagne et sans doute Royaume Uni… Pas tous crédibles, affublés parfois de noms grotesques, ces imitateurs On appelle cela des «Tributes») n’en parviennent pas moins à faire de la promotion pour un style musical très spécial (donc difficile à reproduire !), souvent glosé (du verbe moqueur !) par la presse british (les fameux trois accords) mais aussi à Lausanne (VD/Suisse). En effet, figurez-vous qu’un jeune journaliste (stagiaire) du quotidien «24 Heures» (ex-«Feuille d’Avis de Lausanne») osa démolir sans vergogne le «Quo», en concert à Paléo 1987. Le cuistre titra «le retour des vieilles badernes»… alors que Rossi et ses potes n’avaient pas encore quarante ans ! L’apprenti-plumitif, qui ne savait sans doute pas tenir une guitare, se reconnaitra peut-être…

----. Allons… çà a été longtemps un secret absolu, devenu au fil des années polichinelle : les groupes de rock français des sixties utilisaient les services de percussionnistes studio. Pourquoi ? Parce qu’il fallait rentabiliser les coûts de location d’un studio d’enregistrement, dont le couteux matos (souvent importé de suisse !) devait être rapidement amorti ! Donc… «Chaussettes Noires», «Pirates», «Dalton», «Sorciers» et autres «Rapaces» devaient se plier à la règle : leur présence aux percussions étaient limitées… Cela dit, selon mon enquête du moment, tous les batteurs débutants profitèrent de l’aubaine pour se perfectionner, apprendre et… reproduire sur scène ce qui avait été conçu en studio. Certains (dont je suis) s’affirmèrent très vite grâce à cette méthode, dont même Ringo Starr, le Beatle repéché à Londres, bénéficia.
D’autres questions?

----. On me demande parfois pourquoi je reste un inconditionnel du club anglais Manchester United. Réponse : j’ai vu mon père pleurer, à la table familiale, lorsque, par le truchement de Radio-Lausanne et ses info de midi, il apprit que les Mancuniens avaient subi la plus grande tragédie de leur histoire. Le 6 février 1958, alors que je n’avais pas encore découvert Elvis Presley, huit joueurs et trois membres du staff perdaient la vie dans un accident, lorsque leur avion de retour, au lendemain d’un match de Coupe d’Europe des Champions, s’écrasa au décollage à l’aéroport de Munich. Quinze autres ont été blessés dont l'entraineur, Matt Busby, qui passa deux mois à l'hôpital. Lors du crash, le gardien de but Harry Gregg sauva deux passagères ainsi que ses coéquipiers Bobby Charlton et Dennis Viollet, en les sortant de l'avion en feu. Manchester United, décimée par ce désastre, enchaîna alors les mauvais résultats en championnat et perdit la finale de la Coupe d’Angleterre contre Bolton Wanderers.
Matt Busby reconstruit son équipe pendant les années 60, recrutant de nouveaux joueurs comme Dennis Law ou Pat Crerand. Il fit aussi confiance à de nouveaux jeunes dont le plus célèbre fut George Best

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