Par chrischlatter
C'est un personnage que j'aime depuis 58 ans. A la fin des années 50, mon père avait enregistré «Cyrano de Bergerac» à la radio. Ce fut la découverte de la voix magnifique de l'acteur mythique Daniel Sorano. A force d'écouter, de reécouter et d'apprendre par cœur la «Tirade des Nez» (acte un), je finis par m'imprégner de ce rôle construit autour de vers magiques. Cela tombait bien: un de mes professeurs avait mis ce texte à son programme. Il apprécia tellement mon interprétation qu'il l'institua en exemple pour mes camarades, me la fit déclamer une bonne dizaine fois en classe, avec un «10 sur10» à chaque fois en guise de récompense. Ma moyenne générale, assez faiblarde, en profita. Et je passais donc cette année scolaire grâce à Cyrano...
Coïncidence dans cette période de découverte du rock: c'est au bar «Le Cyrano», au 16 rue de la rue de Bourg à Lausanne, que je rencontrais, quelques mois plus tard, l'ensemble des potes grâce auxquels je devins un batteur acceptable dans la musique rock et le show business. Merci Cyrano !
C'est donc avec émotion que j'ai découvert une émission-souvenir sur la célèbre pièce théâtrale crée en 1897 à Paris par Edmond Rostand. Je ne suis pas le seul à être ému. Plusieurs anciens acteurs, ayant interprété le difficile rôle du poète-bretteur gascon, se sont souvenu du plaisir à jouer ce truculent personnage. Pierre Santini a même avoué que, très souvent, il se faisait «un petit bout de Cyrano, seul, et pour le plaisir». Comme moi! Jean Marais, Francis Huster, Patrick Préjean, Jean Piat (quelle classe!) et Michel Vuillermoz témoignèrent eux aussi de la performance, quasiment sportive, que constituait ce travail de scène, pendant plus de trois heures...
«(…) Ah non, c'est un peu court jeune homme,
On pourrait dire bien des choses en somme (...)»
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