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Histoire de trous…

 C’était au mois de janvier 1965 à Paris.Histoire de trous…
En séjour dans la capitale de la France pour cause de succès yéyé (les Aiglons), je fus soudain pris d’une incoercible envie de manger un morceau de Gruyère. Salé si possible. J’entrais donc dans une boutique fromagère du 9ème arrondissement, tout près des Folies Bergères, et fit part de mon envie à la crémière, une solide parigote qui avait dû connaître la libération de sa ville, le général de Gaulle et Maurice Chevalier. Elle aurait donc pu être ma grand-mère.
La dame s’empara d’une meule énorme, avec de gros trous.
Malgré mes 19 ans,
je lui fis remarquer qu’elle allait me servir de l’Emmental. «C’est du Gruyère d’Emmental!», m’affirma la BOF sans sourciller, avec cet accent parisien pointu et autoritaire. «Mais Madame, je viens de Suisse et je vous affirme que le Gruyère et l’Emmental sont deux régions totalement différentes…» Et de me lancer poliment dans une description géographique et linguistique empruntée à mon prof d’histoire/géo du collège de Béthusy, dont je n’avais pas oublié les enseignements. En plaisantant aussi sur le fait que les commerces suisses vendaient du Camenbert fabriqué près de Lucerne…
Incrédule, Madame la crémière
respecta mes remarques et me proposa un morceau de Comté, excellent cousin français de notre spécialité fribourgeoise. Je dus m’en contenter: elle n’avait pas de Gruyère.
Cinquante ans après,  je viens de découvrir dans une publicité TV que la France offrait aujourd’hui à nos papilles béates… de «l’Emmental de Savoie». AOC.
Tout fout le camp…

La définition du jour (fin):
Suppositoire : Invention qui restera dans les annales. 

 

 

 

 

 

 

 

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