Par chrischlatter
La TV romande a (re)mis en lumière une Valaisanne qui pratiqua le football à une époque où il était rare de croiser des filles sur les terrains: Madeleine Bolle. Très jeune, la demoiselle de Granges, entre Sion et Sierre, exprima un amour pour le ballon rond. Elle tenta donc, grâce à un père, entrepreneur obstiné et autoritaire, d’intégrer les juniors du FC Sion. Mais les messieurs de l’Association Suisse de Football (ASF) mirent un véto à ce projet. Une fille avec des garçons? Qu’allait dire Monsieur l’Evêque?
Madeleine fut donc forcée de trouver refuge à… Lausann
e, au milieu du football écolier qui échappait aux lois de l’ASF. Elle joua avec le «Racing-Club-de-Paris», club-école fondé par mon paternel Frédéric Schlatter à la fin des années 50. Assez baraquée, un brin garçon manquée, la jeune Valaisanne, surnommée forcément «Madelon», attira le regard et devint ainsi l’une des premières gamines à convaincre que le football pouvait aussi se conjuguer au féminin…
Chef de la rubrique des sports à la Tribune de Lausanne, Raymond Pittet ne cautionnait pas cette pratique du foot par des nanas. «C’est inélégant, les filles courent mal et ne savent pas shooter…» affirmait le journaliste, ancien joueur de ligue nationale. Il avait en partie raison mais reconnut que le style de Madeleine Bolle faisait exception. C’est sans doute pour cela que la Valaisanne quitta le «Racing» pour entrer dans une équipe semi-professionnelle… en Italie.
Devenue adulte, elle se recycla dans le social et je l’ai perdue de vue depuis 25 ans, lorsqu’elle vint à l’enterrement de ma mère. Elle n’a pas beaucoup changé et je suis certain qu’elle est une supportrice acharnée de l’équipe de Christian «Napoléon» Constantin…
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