---- Décidés à me motiver pour la pratique musicale, mes parents ont tentés de mettre entre mes jeunes mains un mini violon. J’avais trois ans. Déception. Plus tard, mon instituteur d’école primaire tenta encore le coup avec une flûte douce. Nouveau flop: à part «Au clair de la Lune… et Davy Crockett», on a couru à l’échec. A propos d’échecs, en revanche, je fus plus facile à convaincre pour jouer avec le Roi à cheval devant la Reine, coincée dans une Tour avec un Fou et quelques pions. Mais, hélas, je n’étais doué que pour le tennis et le foot. La musique, je l’ai découverte grâce à l’importante collection classique de 78 tours dont mon paternel avait hérité : découverte de Beethoven, Mozart Prokofiev et consorts. Découverte aussi de l’opéra, où j’eus la chance d’aller parfois, toujours sous la protection de papa.Par la suite, ce dernier commit l’erreur fatale en introduisait à la maison la pratique du microsillon avec Georges Brassens, Brel, les Compagnons de la chanson et leur Edith. Pour bifurquer dans le jazz, c’est la tante Juliette qui m’apprivoisa avec son gramophone à remontoir et des plaques usées de Sydney Bechet, Benny Goodman Lionel Hampton ou Louis Armstrong. Rien d’enthousiasmant.
Mon père (encore lui) avait eu la bonne idée,en juin 1958, de louer un récepteur TV pour voir la phase finale de la Coupe du monde de football en Suède. J’osais risquer un œil sur les actualités et c’est là que je vis pour la première fois le rocker de Memphis. Il chantait «Heartbreak Hôtel». Comme John Lennon à Liverpool, Jean-Philippe Smet à Paris et un cortège d’adolescents un peu partout je n’ai plus lâché l’affaire… Encore fallait-il trouver un instrument et apprendre à en jouer…
La suite un de ces jours…
---- Un ami m’a montré une photo des tous jeunes Rolling Stones. Ils sont six sur le document. Qui est l’intrus ?
Il s’agit de Ian Stewart, dit «Stu», talentueux pianiste écossais qui participa à la fondation du groupe en 1962 mais fut éjecté pour deux raisons par le manager. «Il n’a pas la gueule de l’emploi», clama Andrew Oldham (qui s’y connaissait en tronches, lui qui loupa les Beatles quelques mois plus tôt!), ajoutant : «un groupe de rock ne peut pas fonctionner à six ! ». Malgré la déception, Ian s’accrocha à ses amis, devint leur manager de scène et leur pianiste en concert, malgré qu’il refusa toujours de jouer les accords mineurs. Keith Richard et tous les Stones lui conservèrent une amitié (et un emploi) sans faille, affirmant même que la présence de l’Ecossais était indispensable à l’équilibre mental des Stones. Ils furent forcément tous inconsolables lorsque Ian succomba d’une crise cardiaque foudroyante, lors d’une consultation chez le médecin, en décembre 1985. Il avait 49 ans…