----. Il arrive que certains fâcheux (ou jaloux ?) m’accusent d’être resté coincé dans une époque : celle des années soixante. Rien n’est plus faux ! Malgré des souvenirs lumineux, glanés au fil de l’aventure loufoco-musicale des Aiglons (comme disait mon papa), j’ai pénétré les décennies suivantes avec un amour jamais trahi pour le hard rock. Très vite séduit par les gros sons développés par Black Sabbath, Deep Purple ou le boogie graisseux de Status Quo, j’ai vite muri un grand amour pour AC/DC ou ZZ Top. Alors quoi ? En vieillissant, rien ne m’a éloigné du choix de mes 18 ans : le rock. C’est ainsi que j’apprécie le talent créatif des Anglais de MUSE comme le punk-rock mélodique des Californiens de GREEN DAY (qui ont osé un album intitulé «American Idiot», bien senti entre Double W. Bush et Donald Trump,non?). Je vibre donc toujours avec la même qui m’a fait aimer jadis Chaussettes Noires, Chats Sauvages, Shadows ou Téléphone dix ans plus tard. Tout cela en gardant un œil très précis et attentif sur le travail magique des Beatles et la longévité des Rolling Stones. Alors quoi ?... çà c’est mon côté mélomane…😎
Revenu à la musique, par batterie interposée, après 15 ans, mes désirs avaient subi des transformations: avec Rockstalgy, plus question de jouer au nostalgique du passé! A part pour l’émission «Chapelle Sixties» que j’anime sur la radio en ligne VOXINOX.CH (51 chapitres depuis 2008). En guise de rechute, j’ai tout de même élaboré un projet de spectacle de rock sixties instrumental, réalisé avec des sonorités actuelles. Malheureusement, je n’ai pas beaucoup été aidé et Rockstalgy II a tout juste pu réaliser un CD, «Mental Instru», garni de vingt succès, allant des Hurricanes aux Shadows en passant par Santana et Boocker T. Mais aussi, forcément,par les Aiglons…
----. Quelque part au début de l’An de grâce 1961, sur la petite scène du Théâtre de Beaulieu à Lausanne (VD/Suisse)… La fièvre rock’n’roll frappe la jeunesse vaudoise. Ce soir, c’est Dany Logan et les Pirates qui sont les vedettes en tête d’affiche. En cortège derrière Johnny Hallyday, Eddy Mitchell (Chaussettes Noires) et Dick Rivers (Chats Sauvages), les jeunes rockers sont venus de Paris et chantent à la gloire d’une certaine «Cutie Pie», suivi par un rock bizarre: «Je bois du lait». Sans rire…
Mais le rock lausannois fait aussi ses débuts avec Lucifer et les Anges Blancs, la première formation rock à montrer le bout de ses guitares électriques. Pour ouvrir cette bouillante soirée, le chanteur se nomme Julien Favre. Il fait une entrée remarquée, tout de rouge vêtu, comme sorti des enfers mais... s’encouble dans les nombreux câbles qui encombrent la scène. Une apparition tragi-comico-diabolique avec un standard de l’époque. Let’s rock ! Depuis ce moment, et grâce à ma découverte du rock’n’roll quelques mois auparavant, ma vie sera parallèle à l’histoire de cette musique de cinglés. Amour confirmé avec la découverte chanceuse du showbizz (les Aiglons !), des Beatles, Kinks ou autres Rolling Stones.
Il faudra attendre 50 ans pour que, devenu vieux rocker rêveur et un brin hardeux (sic), je retrouve «Lucifer». Dans la courant de la décennie précédente, le bon Julien a sollicité mon groupe de ROCKSTALGY (groupe fondé en 1985) pour enregistrer un CD. Il a mis dix ans à le produire et tous ces potes peuvent désormais fêter ses 83 ans avec ce qui fit la gloire de nos vingt berges…
«80» est un album de rock sans prétention, conçu dans le local de répétition de Rockstalgy à Lausanne, dont l’ensemble des membres est aujourd’hui à la… retraite. Le CD peut être commandé auprès de Julien Favre, rte d’Orzens 1, 1412 URSINS (VD/Suisse).
Couriel : jufavre5@bluewin.ch.