C’est semble-t-il officiel et la presse le divulgue en petites lettres : le groupe anglais Status Quo met un terme à sa carrière, après une dernière tournée «24» triomphale de 36 concerts en Europe et sur son île. Les porte-paroles du rock’n’roll sont à la retraite et ont vendu l’ensemble du matériel de scène. Leur dernier passage dans notre contrée date du 18 juillet dernier aux portes de Genève.
L’aventure de ce groupe, enfant chéri des Britanniques, chez qui il a été pour eux ce que Johnny Hallyday était pour les Français, a débuté dans un lycée du sud de Londres en… 1962. Deux écoliers un peu dissipés, Francis Rossi et Alan Lancaster, montèrent une première formation avec quelques camarades, les Palladins. Qui devint plus tard les Scorpions, puis les Spectres, Traffic Jam et enfin… The Status Quo.
En 1967, au terme d’une saison d’été dans un station balnéaire, le groupe qui compte déjà 4 singles et autant de flops, se renforce avec le blond Rick Parfitt et réalise son premier «hit», «Picture of the Matchstick men», avant de traverser un désert d’échecs et d’insuccès. Au bord de la rupture, il change de maison de disque et enregistre en 1972 et 73 deux «cartons» avec un style qui plaît au public : «Paper Plane» et surtout «Caroline». Du boogie-rock efficace, avec lequel Status Quo ne quittera plus la tête des charts, dans toute l’Europe et aussi en Australie et au Japon. Moyennement aux States…
Soixante ans plus tard, malgré une presse pas toujours sympa (ah ! ces journalistes !), le groupe aura vendu près 140 millions d’albums et sera apparu près de 70 fois dans le top 50 briton. Ce chemin ne se fera pas sans heurts. Status Quo connaîtra plusieurs déboires. En 1980, Rick eut la douleur de perdre sa petite fille Heidi. En 1981, pendant l’enregistrement du 15ème album dans le studio «Mountain» de Montreux, le batteur John Coghlan quitta la bande. Il fut remplacé immédiatement par Pete Kircher et c’est en 1985 que «Quo» se saborde, après une dernière tournée («The End of the road») et un dernier mini-passage de trois chansons, en ouverture du fameux «Live Aid», concert caritatif organisé à Wembley le 15 juillet. Alan Lancaster s’expatria en Australie.
Mais le duo Rossi/Parfitt s’ennuie et repart sur la route 1986 avec deux nouveaux musiciens :John «Rhino» Edwards (basse) et Jeff Rich (batterie). Et surtout un tube magistral et surprenant, «In the Army Now», qui squatte pendant plusieurs semaines le sommet des hit-parades européens, URSS comprise. En 2013 la formation d’origine tenta un pathétique comeback, au travers d’une dizaine de concerts sur sol britannique mais l’expérience avorta en grande partie en raison de l’état physique d’Alan Lancaster.
Status Quo changera encore deux fois de batteur, avec Matt Letley et Léon Cave, avant que Rick Parfitt doive prendre sa retraite en 2016, suite à plusieurs ennuis cardiaques. Le blond guitariste, décédé le 24 décembre de la même année, sera remplacé par le jeune Irlandais Richie Malone. Francis Rossi restera donc le seul membre d’origine de Status Quo.
C’est sans doute pour cela que le leader du groupe se lance désormais dans une carrière solitaire avec un très grand nombre de projets de concerts en 2025/26 dont certains sont déjà complets. Pour faire bon poids, à 76 ans (le 29 mai), l’infatigable Francis vient d’ailleurs de sortir, à l’aide de machines(sic) un album de 17 chansons parmi ses préférées, dont cinq originales et pour les autres réalisées par Status Quo. Il s’agit de demo de studio et l’opus s’intitule «The Way we were, vol. 1». Il y aura donc vraisemblablement un vol.2!! (Sr)