----. Stupéfiante Amérique, grâce à Tata Youyou, elle nous présente les Ventures, un groupe de rock instrumental yankee qui reprend de façon magistrale «Wipe Out» un titre qui assura le succès des Surfaris, autre gloire de la guitare électrique des sixties… La version des Ventures est très rapide et me fait penser que ROCKSTALGY, bande de rockers lausannois, a enregistré ce même morceau il y a quelques années, dans son local/studio de la place Chauderon (CD encore disponible !).
Le tempo est forcément plus lent (caramba… on est en Suisse!) mais la virtuosité des Vaudois peut rivaliser avec n’importe quel musicien de rock, même américain. Une manière comme une autre de convaincre les fans du Sieur Donald Trump que les fils de Tell, malgré leurs conseillers fédéraux craintifs et anémiques, maîtrisent le rock à 12 mesures… Rappel : sur cet enregistrement, ROCKSTALGY est composé par votre serviteur à la batterie, de Cyril Mrazek à la guitare solo, Jean-Pierre Hornung au piano/orgue, Georges Macheret au saxophone et Antoine Ottino à la basse.
----. Suite de mon délire…
En 2019, donc 51 ans après un premier album («Picturesque Matchstickable»), Quo sort son 31ème opus réalisé en studio : «Backbone», excellente réalisation dont mes titres préférés sont «Liberty Lane», «I Wanna run away with you» et «Waiting for a Woman»… A vous de voir…
Quarante ans plus tard, le groupe chéri des Anglais, dont le premier concert sous le nom de Status Quo eut lieu le 13 décembre 1967, a donc décidé de jeter l’éponge (env. 150 millions d’albums) et vendu tout son matériel de scène. La retraite est-elle définitive ? Avec ces diaboliques rockers, on ne sait jamais… J’ai eu la chance de pouvoir les interviewer une dizaine de fois, notamment dans les coulisses de l’Olympia, au festival de Gampel (VS) et entre Grenoble et Leysin… Comme mon anglais était assez approximatif et leur français quasi nul (ah ! ce patois cookney !), sauf Rhino le bassiste depuis 1986 qui baragouinait la langue de Molière parce qu’il avait joué plusieurs années en France avec Nino Ferrer… nos conversations furent assez minçolettes. Je vais donc me rabattre sur une ou deux phrases de Francis (né le 29 mai 1949) ou Rick (18 octobre 1948-24 décembre 2016) pour situer avec assez de précision leur joie de rester pour toujours les ambassadeurs d’un rock-boogie convainquant, au travers de propos tirés sans vergogne du seul ouvrage en français, paru en 2005 sous les plumes de mon pote Philippe Robin (RTS), associé à Philippe Duponteil : «La Route sans fin». Qui en aura une, de fin ! Hélas…
«Ceux qui nous critiquent et disent que c’est impossible d’aimer Status Quo feraient bien de venir faire un tour à nos concerts (ndlr : et en coulisses). On verrait s’ils tiennent la distance durant tout le spectacle (…); et quand j’entends des gens moquer notre jeu de guitares, soit disant simpliste, je dis « OK… on n’a pas la prétention d’être des Guitar Heroe. Mais récemment je regardais la main droite de Rick et leur disait (…) : jouez comme çà à fond sans tricher quatre à cinq minutes par morceau pendant deux heures. Ce n’est pas de la rigolade. » Rhino concluait : «Il faut avoir une sacrée personnalité ! » En fait, je terminerais ce propos en en rappelant un autre : celui d’un certain Charles de Gaulle, qui fixait ses délateurs par cette phrase qui me servira de clap de fin :
« Lorsque je m’analyse, je m’inquiète. Mais quand je me compare… je me rassure ! »