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La nuit... tous les chats sont gris.... chapitre 53

 

----. Comme chaque année, j’ai passé quelques jours à Nice, cette ville au soleil dont mon ami «Olive» et moi apprécions la douceur et la joie de vivre, souvent à des années-lumière des soubresauts et de l’agitation de la (pauvre) France actuelle.
Lors de ce séjour niçois, j’ai cherché à renouer avec mon passé glorieux de rocker yéyé… sur les traces du souvenir, de Dick Rivers et de ses «Chats Sauvages», dont la célébrité se fait encore entendre de nos jours («Twist à St-Tropez», «Oh Oui», «Oh Lady !», «Derniers Baisers», etc…).
De son vrai nom Hervé Forneri, Dick était un pur Niçois (né le 24 avril 1945 et décédé le même jour en 2019). Ses parents tenaient une boucherie dans le Vieux Nice et j’ai cherché à la situer. Sans succès. Les rares vieux Niçois que j’ai interrogés, au hasard des ruelles, ont oublié ce commerce pourtant réputé après-guerre et dans les années 50. Quant aux frères Roboly (les guitaristes Jean-Claude/John Rob et Gérard/James Fawler), fils d’une antiquaire de la rue Emmanuel Philibert (près du port Lympia), j’ai aussi échoué dans ces retrouvailles. Je sais que Gérard est à la retraite mais il se cache bien et n’a laissé que des souvenirs diffus aux quelques antiquaires que j’ai questionnés.
Je me suis encore obstiné : aurais-je plus de chance en pistant les goûts culinaires des Chats Sauvages ? J’ai donc été manger une «socca» chez «Pipo», dont Dick Rivers évoque plusieurs fois le souvenir dans ces mémoires… Mais où le personnel connait à peine l’artiste, qui fut pourtant un habitué de cette table!
Adieu donc mon cher Dick et tes «Chats»… Heureusement qu’il reste les nombreux disques en compilations… Seule archive introuvable : les «Chats Sauvages 1982» en CD, enregistré au château d’Herouville, près de Paris (donc 20 ans après leurs exploits !) avec Dick, les frères Roboly et le batteur Willy Lewis (W. Taïeb). J’en possède un exemplaire sous forme de 33 tours vinyle).

----. Il y a des soirées au cours desquelles on se lasse du succès. Un soir de septembre, j’en avais marre de voir les Lions du Lausanne-Hockey-Club humilier les Aigles de Genève-Servette. A 8-0, je me suis donc installé devant mon ordinateur pour voir comment Tata Youyou passait son temps. Je n’ai pas été déçu par les retours dans le passé… Jugez-plutôt : Francis Rossi chantait en solo «Twenty Wild Horses» avec un groupe de musiciens ayant remplacé Status Quo. Accompagné de trois choristes, «Frame» est remarquable de virtuosité, de joie et de qualité rythmique… Un peu avant, j’ai découvert une version magnifique de la canzone italienne, avec Albano Carisi et Hélène Fischer qui remplaçait je ne sais trop pourquoi la belle Romina Power pour un medley à faire tomber les chaussettes, composé de «Sempre, Sempre», «Liberta» et «Felicita». Les larmes sont montées…
Surtout en trouvant, deux clics plus bas, les «Chats Sauvages» (encore eux !) avec Dick Rivers, les frères Roboly (guitares), Gégé Jacquemus (basse) et André Ceccarelli (batterie), installés au bord d’une piscine pour interpréter «Oh Lady» un des plus beaux slows des sixties, écrit par Pierre Saka. C’était en août 1962 : séquence émotion. Quelques jours plus tard Dick Rivers se disputait une énième fois avec les «Rob» et quittait les «Chats» pour toujours. Il fut remplacé par le Toulousain Mick Shannon (Michel Simonet).
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Petit souvenir personnel de cette époque : le 22 septembre sur la scène de la Grande Salle de Renens (Lausanne), les «Aiglons» (encore à 4 !!) reprenaient «Oh Lady» en version instrumentale et séduisaient le jury de la «Coupe Suisse de Orchestres de rock» à laquelle ils participaient, en remportant la 4ème place (sur 10) du concours. Meilleur groupe instru…
C’était le 22 septembre, il y a soixante-trois ans. Sniffff…

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