----. Il nous a quitté il y a six ans. Le jour de ses 74 ans. Sa voix rock’n’roll, parfois rude parfois chaude, Dick Rivers l’avait promenée un peu partout en France, en Suisse, au Québec et Tata Youyou nous la propose un grand nombre de fois, en particulier au travers du «Le Montana», une chanson émouvante (Morgrand/Manoukian) dont le clip a été tourné par son fils Pascal en 1985… «Kerm», comme le surnommait Dick, a produit plusieurs hommages à son père, avant de le suivre dans la tombe en 2021. Tragiques destins des Forneri…
Cela dit, il était indispensable de rendre hommage à ce «chat sauvage» niçois, classé comme No#3 du rock francophone, ce qui est, à mes yeux, injuste ! Parce que Dick doit être honoré comme No#1 ex-aequo, comme on dit sur les podiums olympiques ! Coïncidence… Face de Book et Tata Youyou nous abreuvent en ce moment plusieurs clips intéressants et peu connus du chanteur niçois. Ce dernier a en effet contribué avec ses «Chats sauvages», entre 1961 et 62, puis en solo, à faire aimer le rock’n’roll à plusieurs générations de gamins. Dont je faisais partie ! Avec mon groupe lausannois des «Aiglons», nous avions repris, en version instrumentale, plusieurs des slows mythiques chanté par Dick Rivers, en particulier «Oh ! Lady», une complainte amoureuse un peu godiche mais déchirante. Par la suite, nous avons eu la chance de côtoyer les «Chats sauvages» pendant deux mois (octobre 1963), mais Dick avait déjà claqué la porte et laissé sa place au Toulousain Mick Shannon (Michel Simonet), avec lequel ils connurent un très grand succès, «Derniers baisers», encore un slow baveux, qui se vendit à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Les musiciens 100% niçois, étaient toujours composé avec les frères Jean-Claude et Gérard Roboly (guitares), Gérard Jacquemus (basse) et André Ceccarelli (batterie). Ils vécurent donc une 2èmevie. «Dédé» le batteur, à la dispersion des «chats» l’année suivante, devint un percussionniste de jazz mondialement apprécié…
Pendant ce temps, Dick Rivers…
----. Vous ne connaissez pas Nicolas Capurso ? C’est normal car il s’agit d’un obscur guitariste amateur, amoureux des Shadows. Avec ses copains et leurs guitares Fender, ils ont monté un groupe et Tata Youyou les a débusqués alors qu’ils animent un repas de mariage tout aussi obscur et anonyme. Vive la mariée !. Pourquoi ce fait divers banal a-t-il retenu mon attention ? Parce que les musiciens, entre la poire et le fromage, interprètent un vieux tube de 1962 : «Fort Chabrol»… Ce titre rendu célèbre par le groupe instru parisien «Les Fantômes» a été composé par Jacques Dutronc, guitariste des «Cyclones» et Dean Noton, soliste du groupe, qui était composé par Jacques Pasut (guitare), Dany Marranne (basse) et Charles Benarroch (batterie). Cette mélodie, sur laquelle André Salvet et Lucien Morisse mirent des paroles, devint «Le Temps de l’Amour» et fut un des grands succès de la vague yéyé, grâce à la délicieuse Françoise Hardy…
----. Grâce à un ricochet provoqué par Tata Youyou qui nous montre une vidéo (pirate) de Cliff Richard and the Shadows réunis pour des reprises de leur succès du début des sixties, je me suis acharné pour obtenir le CD qui découla de ces retrouvailles. Je ne l’ai pas regretté… L’opus est magique. Les protagonistes ont certes vieilli mais les arrangements de l’époque sont intacts… au programme d’une de mes prochaines émissions «Chapelle Sixties» sur VOXINOX.CH, je promets de vous faire partager ces grands moments de vieux rock en version moderne. «C’t’avec du vieux qu’on fait du neuf » professait le duc d’Elbeuf (Jacques Brel/Les Flamandes/1958)…
«C’est bin vrrrrai…» renchérissait la mère Denis…
Premier constat : la langue anglais parfaite et la diction impec de Cliff. Je comprends quasiment tous les textes. Deuxième constat : en 50 ans (un Jubilé !), la sonorité «Shad’s» n’a pas pris une ride et ce CD «Reunited» véhicule une aisance musicale jamais trahie par les solos d’Hank Marvin, la guitare rythmique de Bruce Welch et la batterie sobre mais efficace de Brian Bennett. Manque juste le son-basse du regretté Jet Harris, (bien) remplacé pour l’occasion par Mark Griffiths alors que Warren, le fils de Brian, étaient aux claviers. Le disque, enregistré en 2009, comporte 22 chansons … dont voici les principaux titres : «I Could Easily Fall», «The Young Ones», «Move it», «Living Doll», «Nine Times out of ten», «Bachelor Boy», «It’ll Be me» (repris par Deep Purple), “Gee Whizz it’s you” (repris en français par les Chaussettes Noires («Vivre sa vie»), «Singing the Blues», «C’mon Everybody» (d’Eddie Cochran), «Summer Holyday», etc…