Par chrischlatter
La seule fois que j’ai vu mon père Frédéric (1907-1972) verser des larmes, ce fut le 6 février 1958, lorsque la radio annonça que l’avion de Manchester United avait raté son décollage de l’aéroport de Munich, faisant plusieurs morts parmi l’une des meilleures équipes de football d’Europe. Depuis ce jour, j’ai toujours nourri un amour fervent pour le club d’Old Trafford, un stade où la pendule est arrêtée à 15 h 09, l’heure du crash. Où j’ai plus constater la ferveur des supporters et mesurer l’étendue du désespoir qui les cloua en ce funeste hiver 1958.
Depuis lors, les «Red Devils» ont volé (si j’ose dire) de succès en succès. Cela dit, les accidents ayant endeuillé d’autres sportifs restent pour moi un moment insupportable et l’accident de Medellin, même s’il concerne des footballeurs moins célèbres que MU, torpille le moral et assombrit la journée.
Je n’avais que quatre ans lorsque, le 4 mai 1949, les joueurs de Torino moururent à Superga. Ce qui m’évita les larmes paternelles. Mais les catastrophes de cette ampleur ne cesseront jamais, en 1972 (Cordillière des Andes), en 1993 (Zambie) et 2011 (Iaroslav), qui frappèrent des rugbymen uruguayens, des footballeurs zambiens et des hockeyeurs russes, de hanter quelques unes de mes nuits…
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