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Nuit d'insomnie aux côté de Tata Youyou chapitre vaintéun


 

----. Dans l’immense galaxie de la culture, la masse énorme de chansons rock produites entre 1950 et aujourd’hui… il y a un titre qui m’a toujours fasciné :

 

«MEMPHIS TENNESSEE»…

 

Combien sont-ils, professionnels ou amateurs, vedettes ou débutants, à avoir accroché la chanson écrite en 1959 par le génial Chuck Berry, qui racontait une épopée téléphonique d’un papa à la recherche de sa fille… ?

 

Avant d’aller plus loin, petit détour sur les bancs d’école et courte leçon d’histoire. Au départ, Memphis… c’est un cité égyptienne fondée 3000 ans avant J.C. Capitale de l’Empire pendant 1500 ans, elle fut supplantée par Thèbes. Résidence des pharaons, Memphis fut un très grand centre où le commerce, l’industrie, l’artisanat, la culture et la religion favorisèrent une immense vitalité. Elle fut cependant mal récompensée au temps des découvertes modernes parce qu’on trouva peu de vestiges archéologiques.

 

Transférons notre cours d’histoire en territoire américain. La région de Memphis était à l'origine habitée par les Amérindiens Chicachas. Elle fut ensuite explorée par les Européens, en premier par le conquistador espagnol Hernando de Soto (1540). En 1680, une expédition française menée par René-Robert Cavalier de La Salle construisit le Fort Prud’homme sur le site de l'actuelle Memphis. En 1763, avec le Traité de Paris, les Britanniques s'installèrent à cet endroit, marquant ainsi leur installation dans l'est du Tennessee. Memphis fut officiellement fondée le 22 mai 1819 par John Overton, James Winchester et Andrew Jackson et a été considérée comme ville en 1826. La cité fut nommée ainsi en l'honneur de l’ancienne capitale de l’Egypte. Au temps de la guerre de Sécession (ndlr : qui a cessé çà c’est sûr!), Memphis trouva une vocation d’importance en raison de la présence du fleuve Mississippi et de ses lignes de chemin de fer. Le Tennessee fit sécession avec l'Union en juin 1861 et la cité devint brièvement un bastion confédéré. Et puis… au XXème siècle, la vie de la ville (633 000 hab/lat. 35’07’’ N – 89’ 58’.’O) a été rendue célèbrissime car on lui attribua la naissance du blues et du rock. Mais surtout parce que le «King» Elvis Presley y vécu dans la mythique propriété de «Graceland». Le roi du rock’n’roll est par ailleurs enterré avec toute sa famille dans cette ville désormais haut-lieu du tourisme mondial.

 

Mais revenons à cette chanson, reprise par un sacré long cortège d’artistes… On commence par Johnny Rivers, un chanteur en complet-cravate façon «chef de bureau des années 50», qui va offrir un joli paquet de droits d’auteur à Mister Berry. Sa version de «Memphis Tennessee» sera la première à bousculer le Cashbox yankee, en même temps qu’une version instrumentale de Lonnie Mack (Joe and the Showmen en France) sous le titre de «Memphis». Instru qui sera par ailleurs quelques temps utilisé sur Europe no 1 comme indicatif de l’émission «Salut les Copains» de Daniel Filipacchi.

 

Autres copieurs célèbres : les Beatles, dont une version fut enregistrée lors d’une infructueuse audition chez Decca, le 1er janvier 1962. La version des Fab Four ne figure hélas pas dans le CD «Anthology». Dommage ! Surtout si l’on consulte la liste des reprises effectuées tout autour de la Terre, sur disques ou en scène. Jugez plutôt dans l’ordre alphabétique : The Animals, Paul Anka, Count Basie (!), John Cale, Dave Clark Five, Bo Diddley, The Faces, The Hollies, Jan and Dean, Tom Jones, Jerry Lee Lewis, Led Zeppelin, Roy Orbison, Buck Owens, Elvis Presley, The Rolling Stones, Del Shannon, Rod Stewart, Georges Thorogood, Ernest Tubb, The Ventures, The Who.

 

Du côté de la France, çà n’a pas chômé : le rocker-auteur-compositeur-parolier Danyel Gérard, à peine rentré de son service militaire (2 ans en Algérie !), a écrit un texte français assez sympa, en collaboration avec Pierre Barouh : «Quand il est arrivé avec sa guitare à la main, chacun d’entre nous voulait devenir son copain. On ignorait tout de lui mais il y avait écrit sur le bois de sa guitare… Memphis Tennessee ! ». En 1964, Eddy Mitchell, pour son album «Panorama», se saisit de ces mots et enregistra un chef d’œuvre avec le «London All Stars», groupe de requins de studio londonien comprenant la Fender magique de Mister Big Jim Sullivan, les baguettes diaboliques de Bobby Grahan, mais aussi Vic Flick (guitare rythmique), Alan Weighel (basse) et Redge Guest (piano). Ne manquez pas d’écouter ce grand moment de rock sixties. Qui donna bien des idées aux rockstars des années suivantes !

 

Pour conclure, citons encore quelques adaptations de «Memphis T.»: Johnny Hallyday en 1975 avec des paroles de Michel Mallory. Sylvie Vartan en 1981, Re-Johnny en 1996 (paroles de Jean Fauque) et… Alain Souchon en 2011.

 

Et ce n’est peut-être pas fini…

 

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