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Insomnies assumées avec Tata You Chapitre vain

 

 

Malgré mon envie de décliner le verbe « cafarder»
à tous les temps, je choisis l’option «souvenirs-souvenirs»

 

----. L’action se passe entre juillet et août 1963. En tournée avec les «Aiglons» le long du littoral normand, entre Cabourg et Boulogne-sur-Mer. Avec le «Car-Podium» de Radio-Luxembourg, dont la station assure des passages en radio de notre succès «Stalactite» toutes deux ou trois  heures. Nous étions programmés sur la scène tous les soirs, en première partie de Hugues Aufray et son Skiffle Group. Qui promenait son dernier succès «Dès que le printemps revient».
Cette nouvelle expérience de travail musical quotidien a été forcément un grand moment d’apprentissage. La météo de cet été 63 resta clémente et je ne me souviens pas d’une annulation de concert. Un soir, pourtant, nous avons dû quitter la scène précipitamment en raison d’un orage inattendu. C’était à Villers-sur-Mer. La soirée se termina au… casino. L’ambiance avec le proche public, les exploits de «Stalactite» dans les différents hit-parades français, la vie de tournée, les passages dans la presse yé-yé (Salut les copains, Ciné-Music Magazine, Bonjour les Amis et même Paris-Match) tout cela nous donna un statut de rock-star. Sans que nous nous prenions la tronche, comme on dit aujourd’hui. Les Aiglons étaient comme les «Routiers» d’Europe no 1 : SYMPAS. Ce qui ne nous empêcha pas de faire quelques conneries de potaches. L’école n’est pas si loin… Je pense en particulier à cet après-midi consacré à faire du karting. Un peu de casse. Beaucoup d’argent dépensé bêtement… Pendant que certains passaient leur temps à explorer l’intérieur de petites culottes, mon principal souvenir de cet périple au bord de l’océan se situe dans les… restaurant(s). A la dégustation, à la découverte, de poissons et fruits de mer. Mon origine lausannoise, à cette époque du moins, me condamnait au rôle de débutant. A la place Saint-François, il était rare d’apprendre à ouvrir des huîtres, palourdes, praires ou tous autres coquillages. Pas plus qu’on vous initiait à la découpe soignée d’une sole, d’un turbo ou d’une raie. Heureusement, j’ai eu la chance de croiser un «parrain» qui fut aussi mon professeur privé : Hugues Aufray en personne…

 

Avec patience et application, le créateur de «Santiano», qui était en tête d’affiche de ce bout de tournée, me donna d’une table à une autre, plusieurs cours pratiques. Si bien que je fus en mesure d’être autonome en matière de gastronomie de la mer. Avec les progrès que je faisais de jour en jour derrière ma batterie, l’avenir était assuré. Les Aiglons ont volés encore quelques mois, jusqu’en 1966… Fin de la séquence sixties.

 

Vingt-cinq ans plus tard, lors d’un séjour linguistique à Brighton (Sussex), une envie de «dover sole» me taraude les papilles. Direction un resto du bord de mer et commande du poisson en meunière…A l’arrivée, le serveur, sans doute en stage, commence à massacrer la pauvre bête. J’ai été obligé d’intervenir et, sous l’œil noir du Maître d’Hôtel accouru à la rescousse, je mets en pratique les leçons de mon pote Hugues afin de déguster mon poisson dans de bonnes conditions.

 

Honteux et confus, tel le corbeau de la fable, le Maître d’Hôtel m’a offert un dessert… au british chocolade…

 

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