Réveil d’une nuit chaude à base de rock’n’roll… Chapitre 34
----. Impressionnante vidéo : les Beatles en train de fabriquer «Let it be» sous le regard sceptique de John et Georges, guitares en mains et de Ringo, forcément assis derrière une batterie. Paul est à la manœuvre. On dirait un capitaine de navire donnant ses ordres ! Et cela ne paraît pas plaire à Dame Yoko Ono, qui faire la gueule dans un coin du studio et dont la mauvaise humeur, la facilité à se mêler de ce qui ne la regarde pas, sera partiellement à la source de la séparation du plus grand groupe de rock du monde…
Dans son remarquable bouquin retraçant la vie des Beatles, «Yesteday» (éd. Laffont/1984), Peter Brown est précis (je cite) : «Au studio, McCartney jouait les maîtres d’école, rappelant les garçons à l’ordre et donnant le signal du travail (…) Sans vergogne, il traitait tout le monde en faire-valoir, en exécutants, attitude d’autant plus désobligeante qu’elle se manifestait devant des caméras (…). Depuis la mort de M. Epstein, nous n’avons rien fait de positi ! » Pour confirmer et accentuer la mauvaise ambiance qui sévissait, les Beatles s’aperçurent que l’environnement technique et (surtout) financier était catastrophique. En effet, depuis la mort de leur «patron», le navire traversait mal les turbulences. Toujours selon Peter Brown : «Il y avait de nombreux projets chimériques et non rentables (…). Les finances personnelles des garçons affichaient d’inquiétants découverts bancaires (…). La générosité des Beatles ajoutée au manque de scrupules de leur entourage créait des occasions d’indélicatesses (…). Alors commença la recherche de l’oiseau rare capable de gérer Apple (…) » C’est à ce moment que la rupture entre Paul et John se montra la plus dangereuse! Malgré de bons résultats musicaux, le groupe se noyait dans un abîme de contradictions, en particulier parce que quelques hommes de pouvoir et de finances les désunirent… Le groupe de musique moderne le plus magique et créatif se mourrait. RIP
----. Flashback dans la chaleur de la nuit… Retour sans crier «gare» à l’autre bout de la carrière des Beatles. Pour un clip TV de 1963, le quatuor interprète «Please Mister Postman», une chanson assez rarement diffusée, gravée sur la face une du 2ème album («With the Beatles»). On y (re)découvre toute la puissance vocale de John, les chœurs virils et la rythmique de Paul et George comme la frappe inspirée et précise de Ringo. Tout cela devant un décor très british, avec l’Union Jack en toile de fond. Un facteur d’enthousiasmes illumine la nuit… Et ce n’est pas fini ! Un début de nuit, je n’hésite pas à partager un autre moment magique des Beatles. George chante «Something» sur une scène privée. Ces trois camarades sont là : Paul avec un jeu de basse époustouflant de virtuosité (il joue sur une grosse «Rickenbacker» à la place de son «Hoefner» violon), John étrangement super décontracté, assure les chorus et Ringo frappe avec précision et un sourire qui démontre la maîtrise du quatuor. J’espère que de nombreux amis et visiteurs de FB auront pu voir cet incroyable moment de musique…